Les faux prêteurs privés se renouvellent sans cesse : un site disparaît, un autre apparaît avec un nom presque identique. Les autorités françaises publient pourtant des listes noires qui permettent de repérer une partie de ces acteurs. Cette page présente des noms et domaines relevés sur ces listes, explique les mécanismes d'escroquerie les plus courants et indique comment vérifier puis signaler une offre suspecte.
Un point essentiel avant tout : une liste noire n'est jamais complète. L'absence d'un nom ne prouve pas qu'un interlocuteur est autorisé.
D'où viennent les noms de cette liste
En matière de crédit, la référence est la liste noire des sites et entités non autorisés dans la catégorie « crédits, livrets, services de paiement et assurances », publiée par l'ACPR et relayée par ABE Info Service (Assurance Banque Épargne Info Service). L'AMF tient ses propres listes, mais elles visent surtout les placements (Forex, crypto-actifs, biens divers) : pour une offre de prêt, il faut donc consulter la liste ACPR / ABE Info Service.
Les noms ci-dessous figuraient sur cette liste noire publiée par l'ACPR et relayée par ABE Info Service à la date de consultation. Ils sont reproduits à titre d'exemple. Consultez toujours la liste officielle à jour, qui évolue en permanence.
Noms et domaines relevés sur la liste noire
Sites se présentant comme banques
- bristellerbanque.fr (« BRISTELLER BANQUE »)
- eurobme.com (« BME BANK »)
- bdg-bk.com (« BDG BANK »)
- orishbank.com (« ORISHBANK »)
- fimod-inter.com et support@fimod-inter.com (« FIMOD INTER BANK »)
- openline-bq.com (« OPEN LINE BANK »)
- emjfcooperative.com (« EMJF COOPERATIVE »)
Sites de « financement » et de crédit
- credoya.com/signin et adresses associées
- natrivex.com, natrivex.org
- unifcfinance.com (« UNIFC FINANCE »)
- federatefinance.group
- financement-solution.com (« FINANCEMENT SOLUTION »)
- imf-financement.com
- financement-non-remboursable.fr, financementnonremboursable.com
- unpaidfinancial.com
- epl.credit, acces.epl.credit
- courtage-templier.com
- flexiagroup.com (« FLEXIA GROUP »)
- openfinancements.com (« OPEN FINANCEMENTS »)
- socif-credit.com, sedef.fr, zinderx.com, padlockgroup.com, app.bilinterface.com
- finc-services.com (« FINC SERVICES »), varcredit.com, kaf-service.com, roxanosfg.fr, yellosecours.com
- citicredit.eu, groupe-win.com
Faux livrets et placements associés
- livretbourseinvestissements.com, monlivretprive.com, eifficentre-invest.com
Adresses électroniques
- ppffinancement@gmail.com
- pce.groupconsult@gmail.com
- support@crypto-email.cc
Les listes officielles contiennent aussi des adresses imitant des banques réelles et connues. Cela ne met pas ces banques en cause : ce sont des fraudeurs qui usurpent leur nom.
Pourquoi les noms changent sans cesse
Un même réseau peut exploiter plusieurs domaines à la fois et en ouvrir un nouveau dès qu'une adresse est signalée. Les noms choisis empruntent volontiers des mots rassurants comme banque, finance, crédit, capital, groupe ou coopérative. Les adresses électroniques gratuites, les sous-domaines et les extensions inhabituelles sont fréquents. C'est pourquoi la recherche doit porter sur l'adresse exacte, et pourquoi une recherche sans résultat ne vaut jamais feu vert : seul un agrément vérifié sur un registre officiel compte.
Les schémas d'escroquerie les plus fréquents
Les frais d'avance
C'est le mécanisme central. Une fois le « prêt accordé », la victime doit payer des frais de dossier, une assurance, une taxe, des frais de transfert ou de déblocage. Chaque paiement en appelle un autre, et les fonds promis n'arrivent jamais. Notre guide sur les frais de dossier réclamés d'avance détaille ce piège.
L'usurpation d'établissements réels
Les escrocs reprennent le nom, le logo, l'adresse et parfois le numéro d'agrément d'une vraie banque ou d'un vrai courtier. Seul le contact direct avec l'établissement, via ses coordonnées officielles, permet de lever le doute.
Les faux notaires, avocats et huissiers
Un prétendu officier public intervient pour « sécuriser » le versement et réclame des honoraires ou une consignation. Un vrai notaire se vérifie dans l'annuaire officiel de la profession.
Les réseaux sociaux et messageries
Annonces sur Facebook, Instagram, WhatsApp ou Telegram, faux témoignages, profils de « particuliers généreux » : ces canaux servent à attirer les victimes vers un faux site ou une conversation privée. Les régulateurs belge et suisse alertent sur les mêmes pratiques.
Les fausses récupérations de fonds
Après une première escroquerie, la victime est recontactée par un prétendu service, parfois au nom de l'ACPR, de la Banque de France ou de l'AMF, qui promet de récupérer l'argent contre paiement. C'est une seconde arnaque.
Comment vérifier une offre
- Recherchez le domaine exact, l'adresse électronique ou la dénomination sur la liste noire d'ABE Info Service : un tiret ou une extension différente change tout.
- Vérifiez l'établissement sur le REGAFI et l'intermédiaire sur l'ORIAS.
- Comparez domaine, adresse et téléphone avec le site officiel de l'organisme cité.
- Refusez tout paiement avant versement et tout virement vers un compte à l'étranger ou au nom d'un particulier.
Notre page sur les prêteurs réellement agréés explique comment reconnaître un organisme autorisé.
Où signaler une tentative ou une escroquerie
- ACPR et ABE Info Service : signalement des offres frauduleuses de crédit et d'assurance.
- Pharos : plateforme officielle de signalement des contenus illicites sur internet.
- Police ou gendarmerie : dépôt de plainte, avec toutes les preuves conservées.
- Belgique : FSMA et SPF Économie.
- Suisse : FINMA, qui tient une liste d'alerte, et police cantonale.
Si vous avez déjà payé ou envoyé des documents
- Cessez tout échange et ne versez plus rien.
- Contactez immédiatement votre banque pour tenter un rappel des fonds ou faire opposition.
- Conservez courriels, captures d'écran, numéros et preuves de virement.
- Déposez plainte et signalez les faits, même pour un petit montant.
- Surveillez vos comptes : les pièces d'identité transmises peuvent servir à une usurpation.
Les démarches à suivre sont développées dans notre guide sur les recours des victimes d'arnaque au prêt.
