Avant de prêter ou d'emprunter, il faut savoir combien coûtera chaque mois le remboursement et quel sera le coût total de l'opération. Ces calculs ne demandent pas d'outil sophistiqué : une formule et une calculatrice suffisent. Les maîtriser permet aussi de repérer une offre incohérente, comme celles que proposent les faux prêteurs sur internet.
Cette page explique la méthode de calcul, donne des exemples chiffrés vérifiables et rappelle les limites à respecter.
Les trois paramètres de base
Tout calcul de prêt repose sur trois données :
- le capital (C) : la somme effectivement remise à l'emprunteur ;
- le taux annuel : le pourcentage d'intérêt convenu, que l'on divise par 12 pour obtenir le taux mensuel (t) ;
- la durée (n) : le nombre de mensualités.
À ces éléments s'ajoute le choix du mode de remboursement : en une fois au terme, par mensualités constantes ou par amortissement constant du capital.
Prêt sans intérêt : le calcul le plus simple
Sans intérêt, la mensualité est le capital divisé par le nombre d'échéances. Pour 6 000 € remboursés en 24 mois, l'emprunteur verse 250 € par mois et le coût total est exactement de 6 000 €. C'est la formule la plus courante dans les prêts familiaux. Si la division ne tombe pas juste, ajustez la dernière échéance et indiquez-le dans l'écrit.
Mensualités constantes : la formule
Avec intérêts, la méthode la plus utilisée est celle des mensualités constantes, identique à celle des banques. La mensualité M se calcule ainsi :
M = C × t / (1 − (1 + t)^(−n))
Autrement dit : le capital multiplié par le taux mensuel, divisé par un moins (un plus le taux mensuel) élevé à la puissance moins n. Un tableur la propose directement sous le nom de fonction de paiement (VPM ou PMT selon la langue du logiciel).
Exemple 1 : 6 000 € sur 24 mois à 3 %
- taux mensuel : 3 % ÷ 12 = 0,25 % ;
- mensualité : environ 257,89 € ;
- total remboursé : environ 6 189,29 € ;
- coût des intérêts : environ 189,29 €.
Exemple 2 : 10 000 € sur 36 mois à 4 %
- mensualité : environ 295,24 € ;
- total remboursé : environ 10 628,63 € ;
- coût des intérêts : environ 628,63 €.
Ces taux sont choisis pour l'illustration et ne constituent pas une recommandation. Le taux réellement convenu doit rester inférieur au seuil de l'usure en vigueur.
Amortissement constant : une alternative
Dans ce mode, l'emprunteur rembourse chaque mois la même part de capital, à laquelle s'ajoutent les intérêts calculés sur le capital restant. Les premières échéances sont plus lourdes, puis elles diminuent. Le coût total en intérêts est un peu plus faible qu'avec des mensualités constantes, car le capital baisse plus vite. Ce mode convient à un emprunteur dont les revenus actuels sont confortables mais risquent de diminuer.
Comment lire le coût total
Le coût d'un prêt se mesure par la différence entre ce que l'emprunteur rembourse et ce qu'il a reçu. Trois remarques pratiques :
- allonger la durée réduit la mensualité mais augmente le coût total ;
- un remboursement anticipé partiel réduit les intérêts futurs, si le contrat le permet sans pénalité ;
- tous les frais imposés à l'emprunteur entrent dans le coût réel : un prêt affiché à faible taux mais assorti de frais élevés peut dépasser le plafond légal.
Le calcul côté emprunteur : la capacité de remboursement
Une mensualité n'a de sens que rapportée au budget. Listez vos revenus réguliers, retirez les charges fixes (logement, énergie, transport, crédits en cours, pensions) et une marge pour les imprévus. La mensualité doit tenir dans ce reste, sans dépendre d'une rentrée hypothétique. Si ce n'est pas le cas, réduisez le montant ou allongez la durée plutôt que de compter sur la bienveillance du prêteur. En cas de difficultés déjà installées, un emprunt supplémentaire risque d'aggraver la situation : la page sur le prêt privé en situation de surendettement présente les alternatives.
Un simulateur pour détecter les arnaques
Les faux prêteurs promettent souvent des montants élevés à des taux très bas, sans étude du dossier, puis réclament des frais avant tout versement. Faites le calcul : une offre de plusieurs dizaines de milliers d'euros à un taux dérisoire, remboursable sur une très longue durée, proposée par un inconnu sur un réseau social, n'a aucune logique économique. Aucun particulier honnête ne prête ainsi à un inconnu. Pour reconnaître ces offres, consultez notre page sur les arnaques au prêt entre particuliers.
Vérifier un calcul reçu
Si l'on vous présente un tableau de remboursement déjà établi, refaites le calcul vous-même. Trois contrôles suffisent : la somme des parts de capital doit être égale au montant prêté ; la part d'intérêts de la première échéance doit correspondre au capital multiplié par le taux mensuel ; la dernière ligne doit faire apparaître un capital restant dû nul. Un écart important révèle une erreur de saisie, un taux différent de celui annoncé ou des frais non mentionnés. Dans ce dernier cas, intégrez-les au coût total avant de comparer avec le seuil légal. Gardez une copie de votre propre calcul avec l'écrit signé : elle servira de référence si un désaccord apparaît plus tard sur le montant restant à payer.
Après le calcul : formaliser
Une fois la mensualité fixée, reportez-la dans l'écrit signé avec le calendrier des échéances. Notre guide de l'échéancier de remboursement explique comment présenter chaque échéance, et le contrat de prêt type liste les clauses à ne pas oublier.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
