Vous avez payé des « frais de dossier », une « assurance » ou une « taxe de déblocage » à une personne qui promettait un prêt, et les fonds ne sont jamais arrivés. Le sentiment de honte est fréquent, mais il ne doit pas retarder l’action : les premières heures comptent, surtout pour tenter de bloquer un virement ou un paiement par carte.
Cette page détaille, dans l’ordre, ce qu’il faut faire après avoir versé de l’argent à un faux prêteur, et les pièges à éviter ensuite. Elle ne remplace pas l’avis d’un avocat ou d’une association d’aide aux victimes, vers lesquels il est utile de se tourner si le montant est important.
Premier réflexe : arrêter tout paiement
L’escroc va presque toujours réclamer une nouvelle somme : « frais de notaire », « pénalité de retard », « taxe anti-blanchiment ». Ne payez plus rien, quelle que soit la pression ou la menace. Aucune de ces sommes ne débloquera un prêt qui n’existe pas. Coupez le contact, sans annoncer vos démarches, et ne supprimez aucun échange.
Contacter sa banque sans attendre
Si vous avez payé par virement
Appelez votre conseiller ou le service fraude de votre banque et demandez un rappel de fonds du virement. Si l’argent n’a pas encore été retiré par le bénéficiaire, la banque réceptrice peut parfois le restituer. Rien n’est garanti, d’autant que ces comptes sont souvent vidés très vite, mais la démarche n’a de chance qu’en étant immédiate. Confirmez votre demande par écrit.
Si vous avez payé par carte
Faites opposition si vos données de carte ont pu être captées, puis contestez l’opération auprès de votre banque. Le régime de remboursement diffère selon que le paiement a été autorisé par vous ou non : votre banque vous indiquera les conditions applicables à votre cas.
Coupons prépayés, mandats et cryptomonnaies
Pour un coupon prépayé ou un transfert d’argent, contactez immédiatement l’émetteur ou la société de transfert avec les références de l’opération. Pour un paiement en cryptomonnaie, notez l’adresse du portefeuille et le numéro de transaction : ils seront utiles aux enquêteurs, même si la récupération reste rare.
Conserver et organiser les preuves
Une plainte solide repose sur un dossier clair. Réunissez dès maintenant :
- les captures de l’annonce initiale et du profil du faux prêteur, avec l’adresse de la page ;
- toutes les conversations exportées, e-mails compris, avec leurs dates ;
- les faux contrats, attestations et pièces d’identité envoyés par l’escroc ;
- les justificatifs de chaque paiement : relevés, reçus, références ;
- la liste des documents personnels que vous avez transmis.
Établissez une chronologie simple : date, montant, moyen de paiement, prétexte invoqué. Ce tableau fera gagner du temps à votre banque comme aux enquêteurs.
Porter plainte et signaler
En France, la plainte peut se déposer au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République ; certaines escroqueries en ligne relèvent aussi d’un service de plainte sur internet. Demandez une copie ou un récépissé : votre banque et votre assureur le réclameront. Signalez également l’escroc à l’ACPR via ABE Info Service et sur la plateforme qui a diffusé l’annonce ; la marche à suivre est décrite sur notre page pour signaler un faux prêteur en ligne.
En Belgique, la plainte se dépose auprès de la police locale, et la FSMA ainsi que le SPF Économie recueillent les signalements. En Suisse, adressez-vous à la police cantonale ; la FINMA peut être informée d’un acteur exerçant sans autorisation.
Protéger son identité après coup
Les faux prêteurs collectent souvent une copie de pièce d’identité, un justificatif de domicile, un RIB, parfois un avis d’imposition. Ces documents peuvent servir à ouvrir des comptes, souscrire des crédits ou commettre d’autres fraudes en votre nom.
- Mentionnez dans la plainte chaque document transmis : elle vous protégera si votre identité est usurpée.
- Changez les mots de passe de votre messagerie et de vos comptes en ligne, et activez la double authentification.
- Surveillez vos relevés et le courrier reçu : une offre de crédit ou un colis inattendu doit alerter.
- Refusez de recevoir ou de transférer de l’argent pour le compte de quelqu’un : c’est le schéma des « mules financières », qui engage votre responsabilité.
Notre guide pour contrôler l’identité d’un prêteur explique aussi quels documents ne jamais envoyer à l’avenir.
Se méfier des faux « récupérateurs »
Quelques jours ou semaines après l’arnaque, un nouvel interlocuteur se présente : cabinet d’avocats, « service de recouvrement international », agent d’Interpol ou même employé de la Banque de France. Il connaît votre dossier et promet de récupérer vos fonds contre des frais. Il s’agit très souvent des mêmes escrocs ou de complices ayant acheté vos coordonnées.
Retenez une règle simple : aucune autorité publique ne vous contacte pour vous demander de l’argent, et un avocat réel s’identifie par son barreau, que vous pouvez vérifier vous-même. Ne donnez jamais suite à une proposition de récupération que vous n’avez pas sollicitée.
Se faire accompagner et éviter la rechute
Une arnaque au prêt touche souvent des personnes déjà en difficulté financière. Si vous aviez besoin d’argent, ce besoin demeure, et la tentation de répondre à une autre annonce aussi. Plutôt que de chercher un nouveau prêteur en ligne, rapprochez-vous d’un Point conseil budget, du CCAS de votre commune ou d’une association de consommateurs. En cas de dettes multiples, la procédure de surendettement de la Banque de France peut être une solution ; notre page sur le prêt privé et le surendettement en donne les grandes lignes.
Les associations d’aide aux victimes offrent également une écoute et une orientation juridique gratuite. Parler de ce qui s’est passé aide aussi à prévenir vos proches, qui peuvent être ciblés à leur tour.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
